Pas de reprise du marché automobile européen en 2010
Le Salon automobile de Genève, ouvert jeudi, va offrir aux boursiers de précieuses informations sur les nouveaux modèles et sur les perspectivesdu marché. Cette année, les déclarations des patrons des grands groupes sont écoutées avec d’autant plus d’attention que l’automobile française devra affronter la fin de la «prime à la casse» (de 1.000 € pour les voitures commandées en 2009, elle est revenue en janvier à 700 € et elle tombera à 500 € le 1er juillet).
Carlos Ghosn, le patron de Renault, attend une progression du marché mondial, mais un recul en Europe. «Le scénario d’une reprise est de plus en plus repoussé dans le temps, ce qui nous rend prudents.» Il indique que si les ventes sur le Vieux Continent sont en hausse, c’est parce qu’il s’agit de commandes réalisées à la fin de l’an dernier. Il envisage, par ailleurs, des cessions d’actifs, afin de réduire la dette. C’est aussi la solidité financière de sa société qui préoccupe Philippe Varin, le président du directoire de Peugeot, et qui explique pourquoi il n’a pas souhaité créer de lien capitalistique avec Mitsubishi. En revanche, la coopération opérationnelle va être intensifiée avec le constructeur japonais. Les firmes du secteur doivent, en effet, unir leurs forces afin d’augmenter leurs chances de réussite dans les pays émergents encore sous-équipés et ainsi réduire leur dépendance aux marchés européens en déclin.
Les chiffres du mois de février en France, qui viennent d’être publiés, représentent sans doute le dernier éclat de lumière avant le passage dans l’ombre. Les immatriculation sont encore grimpé de 17,8 % en février (elles avaient augmenté de 14 % en janvier), avec une progression plus marquée pour les groupes français que pour leurs concurrents étrangers (+ 21,3 % contre +13,4 %).



